L’Honorable Gérard Gbenonchi
Adoptée le 22 mai 2026 par l’Assemblée nationale, la nouvelle loi relative à la répression du faux monnayage et des atteintes aux signes monétaires entend renforcer la sécurité des transactions financières dans l’espace UEMOA. Invité de BIP Radio ce jeudi 28 mai 2026, l’Honorable Gérard Gbenonchi a détaillé les innovations majeures de cette réforme qui ambitionne de protéger la monnaie tout en sensibilisant les populations aux bonnes pratiques monétaires.
Lors de cette interview, le président de la Commission des Finances et des Échanges de l’Assemblée nationale a expliqué que la loi vise principalement à combattre la fabrication, la détention, l’importation et la mise en circulation de faux billets et de fausses pièces. Selon Gérard Gbenonchi, le texte introduit un dispositif répressif renforcé avec des peines d’emprisonnement et de lourdes sanctions financières à l’encontre des individus et réseaux impliqués dans les activités de faux monnayage, considérées comme une menace pour la stabilité économique et la confiance dans les moyens de paiement légaux.
L’élu a également insisté sur les pratiques quotidiennes désormais visées par cette législation. Il s’agit notamment du refus d’accepter des pièces de monnaie, des billets usés ou froissés, ainsi que des commissions illégales imposées lors des opérations d’échange de monnaie. À ce sujet, l’article 15 de la loi prévoit des amendes comprises entre 100 000 et 500 000 francs CFA contre toute personne refusant une monnaie ayant cours légal. Toutefois, Gérard Gbenonchi a précisé que les autorités privilégieront dans un premier temps la sensibilisation et la pédagogie afin de favoriser une meilleure compréhension des nouvelles dispositions.
Abordant la question des cryptomonnaies, l’Honorable Gérard Gbenonchi a rappelé que la loi concerne exclusivement les monnaies officielles émises par les banques centrales, précisant que les cryptoactifs comme le Bitcoin ne disposent d’aucune reconnaissance légale au sein de l’espace UEMOA. Il a, par ailleurs, souligné que cette réforme permet d’harmoniser les textes communautaires, de moderniser les dispositifs pénaux existants et de renforcer la coopération entre les États membres et la BCEAO. Pour lui, l’objectif demeure la garantie d’une circulation monétaire fluide et sécurisée dans l’ensemble de l’Union.
Samuel KAKPO
