La République démocratique du Congo enregistre une première victoire dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola à souche Bundibugyo. Une patiente traitée au centre de Rwampara, en Ituri, a officiellement été déclarée guérie le 27 mai dernier. Si cette issue heureuse nourrit l’espoir, les autorités sanitaires demeurent confrontées à de lourds défis médicaux, logistiques et communautaires.
À Rwampara, dans l’est de la RDC, une patiente atteinte du virus Ebola a quitté le centre de traitement après plusieurs semaines de prise en charge. Testée positive à son admission, elle a progressivement retrouvé son état de santé grâce à des soins symptomatiques adaptés, avant d’être déclarée négative au virus. Cette guérison constitue la première officiellement confirmée depuis le début de l’épidémie à souche Bundibugyo dans le pays. Les responsables médicaux rappellent toutefois que l’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette variante du virus complique considérablement la riposte sanitaire.
Interrogé sur cette guérison malgré l’absence de traitement ciblé, un responsable médical du centre de Rwampara explique : « Avant qu’on ne découvre les molécules pour la souche Zaïre, les gens guérissaient déjà. Il suffit parfois de bien prendre en charge les symptômes. » Le médecin souligne également que tous les patients ne réagissent pas de la même manière face au virus. « La période d’incubation n’est pas obligatoirement de 21 jours », précise-t-il, rappelant qu’elle peut varier entre deux et vingt-et-un jours selon le système immunitaire de chaque personne.
Derrière cette avancée encourageante, plusieurs difficultés majeures persistent encore en Ituri. Les capacités de dépistage restent limitées malgré la disponibilité de certains réactifs, ralentissant l’identification rapide des cas et le suivi des contacts. Les équipes sanitaires éprouvent également des difficultés à assurer des enterrements sécurisés dans toutes les localités concernées. À cela s’ajoute une forte résistance communautaire : des agents chargés du traçage des contacts sont parfois agressés, tandis que certaines personnes décèdent au sein des communautés sans avoir été prises en charge. Dans ce contexte fragile, le centre de Rwampara fonctionne encore avec une structure temporaire de seulement dix-neuf lits, en attendant l’achèvement de ses installations définitives.
Samuel KAKPO
