
Au Nigéria, la police islamique de l’État de Kano a interpellé 25 personnes de confession musulmane pour non-respect des règles du ramadan. Parmi elles, 20 ont été arrêtées pour avoir mangé et bu en public, tandis que 5 autres ont été appréhendées pour avoir vendu de la nourriture.
Ces arrestations ont eu lieu suite à des dénonciations de la population locale, a expliqué le commandant adjoint de la Hisbah, Mujahid Aminudeen, dans un entretien avec la BBC. « Il est regrettable que durant un mois aussi sacré, consacré au jeûne, des musulmans adultes soient vus en train de manger et de boire en public. Nous ne pouvons tolérer cela, d’où ces interpellations », a-t-il déclaré.
Les 25 individus ont été déférés devant un tribunal de la charia et feront face à des sanctions appropriées. Le commandant adjoint a précisé que ces opérations se poursuivront jusqu’à la fin du mois de ramadan, le 30 mars 2025. Il a toutefois souligné que ces mesures ne concernent pas les non-musulmans.
Il a également fait état du mécontentement grandissant de certains citoyens, furieux de voir des coreligionnaires ne pas respecter le jeûne. « Nous recevons des appels de personnes outrées par ceux qui mangent en public. Dès que nous sommes informés, nous intervenons rapidement pour procéder aux arrestations », a-t-il ajouté.
En parallèle, la police islamique a confirmé avoir arrêté d’autres individus pour des motifs tels que des « coupes de cheveux inappropriées », le port de shorts au-dessus du genou, ou encore le mélange de passagers masculins et féminins dans des tricycles.
La charia, instaurée depuis plus de vingt ans dans 12 États du nord du Nigéria, coexiste avec le droit laïque. Dans ces États à majorité musulmane, la police islamique, la Hisbah, veille au respect des préceptes religieux, dont le jeûne du ramadan, pilier fondamental de l’islam.