
Au Bénin, une suspension qui fait grand bruit : le chef d’arrondissement de Glo-Djigbé, Gilbert Sètondji Boco, a été relevé de ses fonctions. Cette décision, longtemps pressentie, a été confirmée par le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Angelo Ahouandjinou, lors d’un échange avec Banouto.
Selon le maire, cette suspension résulte d’un « manquement grave à l’obligation de réserve », qualifié de « faute lourde ». Conformément aux dispositions des articles 119, 183 et 184 du code de l’administration territoriale, une telle faute peut justifier des sanctions allant jusqu’à la suspension ou la révocation.
L’article 119 stipule qu’une faute lourde regroupe tout acte réprimé par la loi pénale, portant atteinte à l’honneur ou à la probité, toute violation des règles déontologiques induisant un dysfonctionnement grave dans le service public, ou encore un abus de pouvoir préjudiciable aux intérêts de la commune. Dès lors qu’une faute lourde est constatée, le maire, après avis du conseil communal, peut prononcer la suspension du chef d’arrondissement par arrêté, tout en lui offrant la possibilité de présenter sa défense, soit par écrit, soit devant le conseil. Le Préfet en est informé dans un délai de huit jours et la suspension ne peut excéder soixante jours. Passé ce délai, le chef d’arrondissement est rétabli de plein droit dans ses fonctions.
Ce qui a déclenché la polémique ? D’après plusieurs sources, la suspension de Gilbert Sètondji Boco découlerait de propos tenus dans un forum WhatsApp regroupant les conseillers communaux d’Abomey-Calavi. Ces commentaires auraient été perçus par le maire comme des critiques à l’encontre du gouvernement du président Patrice Talon. Suite à cela, Angelo Ahouandjinou a adressé une demande d’explication au chef d’arrondissement, qui a répondu officiellement.
Le mardi 4 mars 2025, le conseil communal s’est réuni en session extraordinaire pour examiner cette réponse. Les discussions, apparemment tendues, ont abouti à la décision officielle du maire de suspendre Gilbert Sètondji Boco de ses fonctions.
Ainsi, cette affaire soulève des interrogations sur les limites de la liberté d’expression des élus locaux et la manière dont l’obligation de réserve est interprétée et appliquée dans le contexte politique béninois.
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