
Le châtiment corporel, cette vieille pratique héritée d’un autre temps, continue d’alimenter les débats, notamment dans l’éducation des enfants. Jadis perçu comme un outil indispensable à la discipline, il était le moyen de correction par excellence. L’enfant qui osait défier l’autorité de ses parents ou de son enseignant goûtait à la férule, au martinet ou à la baguette. Un maître craint, disait-on, était un maître efficace.
Mais à quel prix ?
Aujourd’hui, la question se pose avec une acuité nouvelle : le châtiment corporel est-il une solution ou un aveu d’impuissance ? Corrige-t-il vraiment ou brise-t-il l’individu ? Si, autrefois, les générations passées se sont formées sous le poids des coups, en retirent-elles aujourd’hui des bénéfices ou des traumatismes ?
Les conséquences du châtiment sont multiples : peur, humiliation, perte de confiance en soi, voire reproduction de la violence. Loin d’inculquer la discipline, il génère souvent frustration et rancœur. Un enfant frappé régulièrement apprend à obéir, non par conviction, mais par crainte. Or, la vraie éducation ne devrait-elle pas viser la compréhension et non la soumission ?
Au Bénin, les textes sont clairs : toute forme de châtiment corporel est interdite à l’école. L’enseignant qui y recourt s’expose à des sanctions sévères, allant jusqu’à l’emprisonnement. Pourtant, certains persistent à croire que le bâton est la seule voie vers l’apprentissage. Ce raisonnement tient-il encore debout à l’ère où l’éducation positive prouve chaque jour son efficacité ?
Être maître, c’est bien plus que distribuer des coups. C’est guider, comprendre, inspirer. C’est faire preuve de patience face aux caprices, de courage face aux provocations, d’amour face aux errances. Le vrai défi n’est pas de corriger par la force, mais d’enseigner avec intelligence et empathie. La violence, qu’elle soit physique ou psychologique, n’a jamais forgé des esprits libres et éclairés. Seuls la bienveillance et le dialogue en sont capables.
Alors, le châtiment corporel : instrument d’éducation ou arme des faibles ? La réponse est évidente.