
Dans un geste aussi stratégique qu’inattendu, la junte au pouvoir au Niger a annoncé, mardi 1er avril 2025, la libération d’une cinquantaine de détenus politiques, parmi lesquels d’anciens ministres du régime renversé de Mohamed Bazoum. Cette décision, qui marque un tournant dans la transition nigérienne, fait suite aux recommandations des « assises nationales » de février.
Par décret présidentiel, plusieurs figures de l’ancien pouvoir, dont Mahamane Sani Mahamadou, ex-ministre du Pétrole et fils de l’ancien président Mahamadou Issoufou, ou encore Kalla Moutari (Défense), Ahmed Jidoud (Finances) et Ibrahim Yacoubou (Affaires étrangères), retrouvent la liberté. Des responsables politiques, un ancien ambassadeur, un journaliste et même des militaires impliqués dans des tentatives de putsch dans les années 2010 figurent également parmi les bénéficiaires de cette remise de peine.
En revanche, le président déchu Mohamed Bazoum demeure exclu de cette mesure. Cette libération massive, annoncée en grande pompe à la télévision nationale, intervient alors que la junte cherche à renforcer sa légitimité sur la scène nationale et internationale.
Derrière ce geste d’apaisement, un message politique clair : la transition militaire veut tourner la page des tensions post-putsch tout en gardant la main sur les contours du nouveau pouvoir. Reste à voir si cette ouverture suffira à calmer les tensions internes et à redessiner le paysage politique du Niger.