
Figure incontournable de l’architecture économique béninoise depuis près d’une décennie, Romuald Wadagni incarne aujourd’hui le visage le plus crédible de la continuité réformatrice voulue par le président Patrice Talon. Désigné candidat de la mouvance présidentielle, cet ancien associé de Deloitte, diplômé de Harvard et de Grenoble, allie rigueur technique, reconnaissance internationale et loyauté politique. À 49 ans, ce natif de Lokossa s’apprête à franchir un nouveau palier : celui de prétendant à la magistrature suprême.
À la tête du ministère de l’Économie et des Finances depuis 2016, Romuald Wadagni a piloté avec maestria les grandes manœuvres macroéconomiques du pays. Sous sa houlette, le Bénin a affiché une croissance soutenue avoisinant les 7 %, tout en maîtrisant l’inflation et en innovant sur les marchés d’emprunts souverains. Ces résultats, salués par plusieurs distinctions africaines, confirment l’ancrage d’un modèle économique fondé sur la discipline budgétaire, la transparence et l’attractivité internationale.
Cependant, cette excellence technocratique ne s’accompagne pas encore d’un ancrage populaire solide. Romuald Wadagni reste un homme de dossiers, peu enclin aux bains de foule et dépourvu d’un appareil politique personnel. Ce déficit de charisme politique pourrait constituer un défi dans un paysage électoral encore largement façonné par la proximité avec les citoyens. Il n’en demeure pas moins que sa candidature incarne un choix stratégique : celui d’un passage de témoin entre pragmatisme économique et stabilité institutionnelle.
Samuel Richard BOCO KAKPO