Le gouvernement nigérian a décidé d’annuler un financement de 717,7 millions de dollars, soit plus de 413 milliards de FCFA, accordé par la Banque mondiale pour soutenir la relance du secteur de l’électricité. Cette décision intervient alors que le pays traverse une crise énergétique persistante marquée par des pénuries chroniques, des déficits financiers croissants et une flambée des coûts de production liée à la dévaluation du naira.
Le Nigeria a officiellement mis fin à un important programme de financement destiné à redresser son secteur électrique. Les autorités fédérales ont annulé les fonds non décaissés d’un programme soutenu par la Banque mondiale, évalués à 717,7 millions de dollars américains, soit environ 413,4 milliards de francs CFA. Ce mécanisme, lancé en juin 2024 dans le cadre d’un vaste plan de relance énergétique, devait initialement s’étendre jusqu’en 2027 afin d’améliorer la stabilité financière du système électrique national et renforcer l’accès des populations à l’énergie.
Selon plusieurs informations relayées dans les milieux économiques, seule une faible partie des ressources prévues avait été effectivement décaissée avant l’arrêt du programme. Le gouvernement nigérian aurait sollicité cette annulation afin de réorienter les financements vers d’autres priorités stratégiques jugées plus adaptées au contexte actuel. Cette décision traduit également les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des réformes du secteur énergétique, confronté à une faible rentabilité et à une accumulation de dettes structurelles.
Cette situation intervient dans un climat économique particulièrement tendu pour la première puissance démographique d’Afrique. Le pays continue de subir d’importantes coupures d’électricité, une hausse du coût de production énergétique ainsi qu’une pression accrue sur les finances publiques. La dévaluation du naira et la réforme du marché des changes engagée ces dernières années ont notamment entraîné une forte augmentation du prix du gaz utilisé dans les centrales électriques, aggravant davantage les fragilités du secteur énergétique nigérian.
Samuel KAKPO
