Vue sur l'Assemblée nationale du Sénégal, à Dakar, le 26 mai 2026.
La rentrée parlementaire s’annonce électrique au Sénégal. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a ouvert lundi 10 août la première session extraordinaire de l’année, avec un agenda dominé par plusieurs textes aux forts enjeux politiques.
Pendant quinze jours, les députés examineront cinq projets et propositions de loi. Deux textes portés par la majorité Pastef seront étudiés en urgence et risquent surtout de raviver les tensions entre le camp d’Ousmane Sonko et celui du président Bassirou Diomaye Faye.
Le premier texte concerne l’article 37 de la Constitution. Il prévoit d’imposer au chef de l’État une déclaration de patrimoine à la fin de son mandat, en plus de celle effectuée au début de son exercice. Une disposition déjà adoptée par les députés en juin, mais ensuite invalidée par le Conseil constitutionnel.
Le second texte vise les crédits spéciaux, communément appelés « fonds secrets », mis à la disposition de la présidence et de la Primature. Pastef souhaite renforcer leur contrôle en donnant notamment à une commission restreinte de députés un droit de regard sur leur utilisation.
Ces deux dossiers interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Pour plusieurs observateurs, leur examen pourrait donc transformer l’hémicycle en nouveau terrain de confrontation politique.
Parallèlement, les députés examineront trois projets de loi initiés par le gouvernement, portant notamment sur le Code de la sécurité sociale, le Code du travail et la sécurité numérique. Ce dernier dossier apparaît particulièrement sensible alors que plusieurs institutions sénégalaises ont récemment été victimes de cyberattaques.
