
La session criminelle consacrée à l’affaire Dangnivo, ouverte le mardi 11 mars 2025, se poursuit au tribunal de Cotonou. Ce jeudi 13 mars, l’audience, présidée par le magistrat Guillaume Laly, est entrée dans son troisième jour, marqué par de nouveaux témoignages et des révélations inattendues.
Prolongation de la session
Suspendue la veille après l’intervention de l’ancien patron de la police judiciaire, l’audience a repris peu après 11h. Fait marquant : le président de la Cour a annoncé une ordonnance prolongeant la durée de la session criminelle, initialement prévue pour se terminer le 14 mars. Désormais, aucune date de clôture n’a été fixée. Les prochaines audiences seront déterminées au fur et à mesure, permettant aux avocats de gérer d’autres dossiers et de vérifier certaines déclarations de témoins.
Audition des experts et contradictions
La journée a été marquée par les témoignages du médecin-légiste Cédric Bigoh et de l’huissier Brice Topanou. Le médecin-légiste a confirmé avoir réalisé des prélèvements sur les restes présumés de Dangnivo, en présence d’un huissier et d’un membre de la famille, tout en soulignant l’absence de certains ossements. Il a également déclaré ne pas avoir eu connaissance des résultats des analyses faites par un laboratoire français.
De son côté, Brice Topanou a expliqué avoir scellé les éléments prélevés au laboratoire, tout en admettant qu’il ne savait pas exactement ce que contenaient ces scellés. Interrogé sur sa mission, il a insisté : « Ma mission était claire, c’est poser le scellé. »
Le témoignage troublant du frère de Donatien Amoussou
Autre moment fort de l’audience : le témoignage d’Auguste Amoussou, frère de Donatien Amoussou, coaccusé dans l’affaire. Auguste a raconté comment il a tenté d’aider son frère après que celui-ci lui ait parlé d’informations sensibles sur l’affaire Dangnivo, obtenues par un certain Prizo.
Le récit d’Auguste a révélé des échanges avec des hauts responsables, dont le directeur général de l’ORTB de l’époque et le colonel Koumassègbo, et a mis en lumière le mystérieux rôle de Prizo, libre, tandis que Donatien est resté détenu. Auguste a également évoqué les menaces anonymes qui l’ont poussé à fuir successivement à Grand Popo, Lomé, puis au Ghana.
Des zones d’ombre persistantes
L’audience a mis en lumière plusieurs zones d’ombre, notamment sur les circonstances de l’arrestation de Donatien Amoussou et le rôle exact joué par certains témoins-clés.
Alors que la session criminelle se prolonge, la Cour et les avocats poursuivent leurs efforts pour démêler cette affaire complexe et médiatisée, avec l’espoir de faire éclater la vérité.
L’affaire Dangnivo continue de captiver l’opinion publique, dans l’attente des prochains rebondissements.