
Le 11 mars 2025, le directeur régional de l’éducation de Plateaux Ouest, Mollah Alpha Kao, a pris la décision d’exclure 43 élèves des établissements scolaires de la région pour leur implication dans des grossesses sur leurs camarades filles. Cette mesure concerne uniquement l’année scolaire en cours.
Cette sanction disciplinaire vise à décourager le phénomène des grossesses en milieu scolaire au Togo.
Dans un entretien accordé à Banouto, le directeur a précisé que cette exclusion avait pour objectif de « dissuader la persistance du fléau des grossesses dans les écoles de la région » et de « favoriser une scolarisation sereine des filles ».
La mesure s’applique uniquement pour l’année scolaire 2024-2025. Les élèves exclus pourront retourner dans leurs établissements à la rentrée 2025-2026, à condition de remplir une exigence : leur réinscription ne pourra se faire qu’après la signature d’un engagement écrit, de leur part et de celui de leur parent ou tuteur.
Mollah Alpha Kao a aussi demandé aux responsables des établissements scolaires de veiller à « l’application stricte » de cette décision.
Un cas particulier : un élève de 6ᵉ parmi les exclus
Les exclusions touchent des élèves de diverses classes, dont un cas particulier : un élève de 6e du CEG Kessibo Abrewankor. Parmi les 43 élèves exclus, une grande majorité sont des candidats aux examens du Bac et du BEPC, dont 17 en terminale et 9 en classe de troisième. En outre, 8 élèves sont en première, 5 en seconde et 3 en quatrième.
Une situation préoccupante
Le phénomène des grossesses en milieu scolaire reste un problème majeur au Togo. Entre 2020 et 2023, le ministère togolais des Enseignements a enregistré 8 631 cas de grossesses dans les établissements scolaires, dont 2 025 au lycée, 6 080 au collège et 526 à l’école primaire. Ces chiffres illustrent l’ampleur du phénomène et les défis auxquels le pays est confronté.
Pour contrer ce fléau, le Togo a adopté la loi n°2022-020 du 2 décembre 2022, qui protège les élèves contre les violences sexuelles. L’article 19 de cette loi prévoit des peines de prison allant de 1 à 5 ans, ainsi que des amendes de 1 à 5 millions de francs CFA, pour toute personne responsable d’une grossesse sur une élève inscrite dans un établissement scolaire.