
Ce mercredi 19 mars 2025, une nouvelle audience se tient au tribunal de Cotonou dans le cadre du procès de l’affaire Dangnivo, du nom du cadre de l’administration des Finances disparu en 2010.
Lors des débats, la question de la vérification des faits par la commission d’enquête a été soulevée. Le colonel Firmin Boco a expliqué que la commission avait accordé du crédit aux déclarations de Prizo, celles-ci étant en concordance avec celles portant sur un vol de moto.
Une exhumation qui change la donne
Le colonel Boco a également indiqué que l’exhumation du corps à Womey avait conduit la commission d’enquête qu’il présidait à devenir une commission rogatoire.
Cependant, une divergence est apparue avec le colonel Koumassègbo. À la barre, le colonel Boco a affirmé que la commission s’était rendue une fois au bureau du colonel Koumassègbo à la présidence, une déclaration en contradiction avec les propos de ce dernier la semaine précédente.
En effet, le chef de la sécurité présidentielle avait nié avoir reçu la commission d’enquête et avait affirmé avoir lui-même conduit Donatien Amoussou devant ladite commission.
Pour clarifier les faits, le président de séance a rappelé les déclarations du colonel Koumassègbo afin que le colonel Boco puisse en prendre connaissance. Ce dernier a reconnu ne pas se souvenir de tous les détails et a précisé que les actions du colonel Koumassègbo n’engageaient pas la commission, qui relevait uniquement du procureur de la République.
Il a également confirmé que Prizo, détenteur de nombreuses informations, avait été auditionné en tant que témoin.
Des liens entre les protagonistes ?
Interrogé par le président de séance, le colonel Boco a déclaré ne pas savoir si Prizo et Donatien Amoussou se connaissaient. Lorsqu’on lui a demandé si Alofa et Amoussou ne s’étaient rencontrés que par l’intermédiaire d’un ami commun nommé Polo, il a hésité avant de répondre que c’était possible, sans pouvoir l’affirmer avec certitude.
Le ministère public a ensuite pris le relais et a interrogé le colonel Boco sur ses relations avec le chef de la sécurité présidentielle de l’époque. Il a répondu par la négative, affirmant n’avoir eu aucune relation fonctionnelle avec lui.
Sur la question de Donatien Amoussou, il a indiqué ne pas avoir travaillé avec lui, mais confirmé qu’il avait été entendu dans le cadre du dossier.
Concernant la signature des procès-verbaux des auditions, il a déclaré que Donatien Amoussou les avait « certainement » signés, car cela faisait partie de la procédure normale. Il a également assuré n’avoir aucun lien avec Akpaki et précisé qu’aucun lien direct n’avait été établi entre Amoussou et Dangnivo.
Les aveux d’Alofa
Le ministère public a ensuite interrogé le colonel Boco sur les déclarations d’Alofa devant la commission d’enquête. Il a confirmé qu’Alofa avait avoué avoir participé à l’assassinat de Dangnivo. Selon lui, Dangnivo s’était rendu chez Alofa le 16 août sans son véhicule, et Polo, un ami d’Alofa, s’était intéressé à ce véhicule pour commettre un « coup ». Alofa aurait alors trouvé un moyen de faire revenir Dangnivo le lendemain.
Le ministère public a demandé si Alofa avait reconnu une implication physique dans le meurtre. Le colonel Boco a répondu que si l’administration d’un produit à Dangnivo était considérée comme une participation, alors oui.
À la question de savoir qui avait achevé la victime, il a répondu : « Le second. »
Lorsqu’on lui a demandé s’il n’y avait que deux personnes impliquées, il a confirmé : « Oui, ils n’étaient que deux. »
L’exhumation et l’influence politique
Le colonel Boco a également confirmé avoir été présent lors de l’exhumation du corps, mais a précisé ne pas avoir vu les organes qui auraient été prélevés et conservés dans un bocal. Selon lui, cette mission relevait de deux experts désignés par le juge d’instruction.
Concernant d’éventuelles pressions politiques ou médiatiques sur les enquêteurs, il a assuré être resté professionnel et ne pas avoir été influencé. Il a également affirmé se porter garant de l’intégrité des autres membres de la commission.
La commission rogatoire, mise en place après l’exhumation des restes humains à Womey, a achevé sa mission le 12 octobre 2010.