Le Salon de la Logistique et du Transport, ouvert ce jeudi 27 novembre 2025 dans la salle de conférence Béhanzin de l’hôtel Azalaï de Cotonou, a réuni les principaux acteurs du secteur autour d’une ambition commune : repenser en profondeur la chaîne logistique régionale et renforcer la compétitivité du Port autonome de Cotonou (PAC). La cérémonie inaugurale, présidée par le Directeur général du PAC, Bart Van Eenoo, a donné le ton d’un rendez-vous placé sous le signe de la modernisation, de la coopération inter-États et de l’innovation technique.
Dans son allocution d’ouverture, Bart Van Eenoo a salué la présence des transporteurs, des opérateurs économiques et des délégations venues du Niger, du Burkina Faso et d’autres pays de l’hinterland. Il a rappelé la volonté du Bénin de reconfigurer un port vieux de plus de soixante ans afin de lui insuffler une nouvelle dynamique, à travers un vaste programme d’investissements. L’objectif annoncé est clair : doubler la capacité actuelle, estimée à 12 millions de tonnes, pour atteindre 25 millions de tonnes dans les prochaines années. Cette transformation inclut notamment la construction de nouveaux bâtiments logistiques et l’aménagement d’infrastructures dédiées aux ports secs, en partenariat avec les pays utilisateurs du corridor béninois.
Le président de l’Association des Consignataires et Agents Maritimes du Bénin (ACAM), Gildas Atindéhou, a ensuite réaffirmé l’engagement de son organisation à accompagner la modernisation du système portuaire national. Il a souligné les avancées majeures enregistrées ces dernières années : un passage progressif d’une gestion presque entièrement manuelle des procédures à un modèle désormais digitalisé à plus de 50 %, soutenu par un dialogue constructif entre les administrations et les acteurs privés du secteur.
Au cours du panel inaugural, le Directeur commercial du PAC, Kevin Potier, a détaillé les chantiers structurants en cours. Dix projets stratégiques visent à repositionner le port dans un environnement concurrentiel de plus en plus exigeant ; quarante autres, plus opérationnels, portent sur la modernisation des installations et l’optimisation des flux. Tous seront dévoilés au fil des communications techniques prévues lors du salon, avec une mise en œuvre programmée d’ici 2027.
Cette volonté de transformation s’exprime également sur le plan environnemental. Le responsable des programmes PASPort et ProPORT, Hervé Corbel, a présenté les réformes engagées en collaboration avec le gouvernement béninois, dont la révision de la loi-cadre sur l’environnement et l’élaboration d’une règlementation stricte relative au transport des marchandises dangereuses. Les perspectives incluent la certification internationale du port, la surveillance permanente de la qualité de l’air et, prochainement, celle du bruit, ainsi que l’amélioration de la gestion des déchets portuaires.
Les travaux de cette première journée ont ainsi porté sur trois thématiques majeures : la digitalisation comme levier de performance, la gestion du risque assurantiel dans la chaîne logistique multimodale, et les exigences du transit douanier au Bénin. La deuxième journée s’annonce tout aussi dense, avec des échanges consacrés aux défis de la logistique ouest-africaine, à la gestion numérique du fret, au système SYGFR, à la digitalisation du processus d’exportation du bois et à la zone logistique ALZ, avant une visite guidée du port.
Samuel KAKPO
