
Le Sénégal est confronté à une réalité économique plus sombre que prévu. Une mission du Fonds monétaire international (FMI), en visite depuis le lundi 24 mars 2025, confirme les conclusions de la Cour des comptes : sous la présidence de Macky Sall, l’endettement réel du pays aurait été largement sous-estimé.
Une Dette Cachée et des Conséquences Lourdes
Selon le FMI, la dette publique, officiellement annoncée à 70 % du PIB, atteindrait en réalité 100 %. Cette sous-estimation volontaire aurait permis au gouvernement précédent d’accéder plus facilement aux marchés financiers en maintenant artificiellement une image économique stable. « Il y a eu une décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette », a déclaré Eddy Gemayel, chef de la délégation du FMI, cité par RFI.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre. Le programme d’aide du FMI au Sénégal, d’un montant de 1,8 milliard d’euros, est suspendu depuis septembre 2024. Par ailleurs, les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s ont dégradé la note souveraine du pays, rendant les emprunts plus coûteux et restreignant l’accès aux financements internationaux.
Des Réformes Urgentes pour Redresser la Situation
Face à cette crise budgétaire, le FMI exige des réformes structurelles immédiates, notamment la centralisation de la gestion de la dette à travers un compte unique du Trésor public et des mécanismes de contrôle plus stricts pour éviter de nouvelles dérives.
Le président Bassirou Diomaye Faye, élu en 2024 sur un programme de rupture, hérite donc d’une situation économique critique. Son gouvernement a déjà annoncé des mesures drastiques, telles que des réductions dans la fonction publique et une limitation des dépenses de l’État. Ces efforts sont salués par le FMI, qui y voit un premier pas vers un assainissement des finances publiques.
« L’objectif est d’arriver à un nouveau programme le plus tôt possible », a déclaré Gemayel, soulignant la nécessité d’attirer des investissements privés pour relancer l’économie du pays.
Sans un rétablissement rapide de la confiance des bailleurs et des investisseurs, le Sénégal risque de subir une crise financière majeure aux répercussions profondes sur son développement.