
À Berlin, la rentrée politique s’ouvre sous le signe de la défense nationale. Ce mercredi 27 août, le Conseil des ministres se réunit de manière exceptionnelle au ministère de la Défense pour examiner un projet de loi qui pourrait marquer un tournant dans la politique militaire allemande : l’instauration d’un service militaire volontaire.
Depuis plusieurs mois, le chancelier Friedrich Merz martèle sa conviction que l’Allemagne doit disposer, à terme, de la plus puissante armée conventionnelle d’Europe. Dans la foulée de cette ambition, des moyens financiers considérables ont été alloués à la Bundeswehr, longtemps critiquée pour ses insuffisances logistiques et matérielles. Mais la modernisation des équipements ne saurait suffire : encore faut-il étoffer les rangs d’une armée confrontée à un déficit criant de personnel.
Le projet qui sera présenté vise ainsi à réintroduire une forme de conscription adaptée au contexte actuel, non plus obligatoire mais volontaire, permettant de renforcer les effectifs sans contraindre toute une génération. Cette mesure se veut un compromis entre l’héritage historique de la conscription, suspendue en 2011, et la nécessité stratégique de disposer d’une force opérationnelle crédible face à un environnement géopolitique instable.
Au-delà du débat technique, la proposition soulève des enjeux de société : quel rôle l’armée doit-elle occuper dans une Allemagne attachée à son modèle pacifiste depuis l’après-guerre ? Comment concilier les impératifs de sécurité avec une jeunesse aux aspirations diverses, parfois éloignées des métiers de la défense ?
En portant la question au cœur de son Conseil des ministres de rentrée, le gouvernement allemand envoie un signal clair : face aux tensions internationales, Berlin entend assumer pleinement ses responsabilités stratégiques et se doter d’une armée à la mesure de son poids politique et économique en Europe.
Samuel Richard BOCO KAKPO.