(Surprenante indifférence de Boni Yayi)
Ce dimanche 11 janvier 2026, les Béninois étaient appelés aux urnes pour renouveler leur Assemblée nationale et conseils municipaux dans un double scrutin qui marque un tournant politique majeur.
Après plusieurs années de tensions et de boycotts, ces élections législatives se sont déroulées avec la participation de l’opposition, notamment du parti Les Démocrates. Une présence qui tranche avec leur exclusion des élections communales et qui suscite autant d’espoirs que d’interrogations sur l’avenir du paysage politique béninois.
Le retour de l’opposition aux urnes
La participation des Démocrates à ce scrutin constitue indéniablement l’un des faits marquants de cette journée électorale. Alors que le parti avait été tenu à l’écart des communales, sa présence dans la course législative témoigne d’une certaine évolution du contexte politique, même si les conditions de cette participation restent débattues.
L’énigmatique silence de Boni Yayi
L’absence remarquée de l’ancien président Thomas Boni Yayi dans son bureau de vote a alimenté les spéculations tout au long de la journée. Figure historique de l’opposition béninoise et président des Démocrates, Boni Yayi n’a pas pris part au vote, prolongeant ainsi un silence qui dure depuis plusieurs semaines.
Plus surprenant encore, l’ancien chef d’État qui s’est vu retirer ses gardes du corps pour les raisons que l’on ignore, n’a mené aucune campagne pour son propre parti, restant en retrait total des activités électorales. Cette posture inhabituelle pour un leader politique de son envergure laisse présager des commentaires d’un départ imminent de la tête de la formation politique qu’il dirige. Dans les milieux proches du parti, on évoque de plus en plus ouvertement une passation de pouvoir qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines.
Des débuts laborieux
La journée électorale n’a pas démarré sans accrocs. Dans plusieurs circonscriptions du pays, l’ouverture des bureaux de vote a accusé des retards significatifs, certains établissements n’ayant pu accueillir les électeurs qu’avec plusieurs heures de décalage par rapport à l’horaire prévu. Ces dysfonctionnements logistiques ont suscité des frustrations chez les citoyens venus accomplir leur devoir civique dès les premières heures du matin.
Les autorités électorales ont attribué ces retards à des problèmes d’acheminement du matériel de vote dans certaines zones, particulièrement dans les régions éloignées de la capitale. Malgré ces difficultés initiales, les opérations de vote se sont progressivement normalisées au fil de la matinée.
Un double scrutin globalement apaisé
Malgré les tensions politiques qui ont marqué les mois précédant le scrutin, la journée s’est déroulée sans violences majeures. Les observateurs présents sur le terrain ont noté une atmosphère généralement calme dans les différents bureaux de vote visités à travers le pays.
Cette relative sérénité contraste avec les craintes exprimées par certains acteurs de la société civile avant le scrutin. Elle témoigne également d’une volonté apparente des différents protagonistes politiques de laisser le processus électoral se dérouler sans incidents graves.
Quelles perspectives ?
Ces élections législatives s’inscrivent dans un contexte politique béninois en pleine mutation. Entre le retour partiel de l’opposition dans le jeu électoral, les interrogations sur l’avenir du leadership des Démocrates, et les défis persistants de l’organisation électorale, le Bénin se trouve à la croisée des chemins.
Les résultats de ce scrutin, attendus dans les prochains jours, détermineront non seulement la composition de la prochaine Assemblée nationale, mais également la trajectoire politique du pays pour les années à venir. Reste à savoir si cette participation de l’opposition marquera le début d’une véritable normalisation du dialogue politique ou si elle ne constitue qu’une parenthèse dans un cycle de tensions récurrentes.
Les Béninois attendent désormais les résultats officiels avec un mélange d’espoir et d’appréhension, conscients que l’enjeu dépasse largement la simple répartition des sièges parlementaires
Malick Chabi Yiro ✍
