Au Bénin, l’absence quasi totale de l’opposition dans les institutions républicaines interroge l’avenir de la démocratie. Dans un pays longtemps cité comme référence démocratique en Afrique de l’Ouest, cette situation marque une rupture symbolique et politique majeure.
À court terme, la gouvernabilité semble renforcée : décisions rapides, stabilité institutionnelle, cohérence de l’action publique. Mais à moyen et long terme, le risque est réel. Une démocratie sans opposition institutionnelle s’expose à l’érosion du pluralisme, à l’affaiblissement du débat public et à une concentration du pouvoir peu compatible avec l’esprit républicain.
Dans sept ans, deux trajectoires sont possibles. Soit le système évolue vers une réintégration progressive des forces opposées, réhabilitant le dialogue politique et restaurant la confiance citoyenne. Soit l’absence prolongée de contre-pouvoirs laisse un héritage démocratique marqué par la méfiance, l’abstention électorale et la dépolitisation de la société.
L’héritage démocratique du Bénin se jouera donc moins dans la solidité apparente de ses institutions que dans leur capacité à redevenir inclusives. Une démocratie ne se mesure pas seulement à l’ordre qu’elle impose, mais à la diversité des voix qu’elle accepte d’entendre.
L’essentiel ici ,c’est la sincérité des acteurs qui est mise en jeu, l’idolâtrie observée depuis quelques années à l’endroit d’un président puissant ne sera t – elle trahir au gré des intérêts au fil du temps ?
Malick Chabi Yiro
